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Combien de temps un visiteur attend-il qu'un site s'affiche ?

Google, 2017 : au-delà de 3 secondes de chargement sur mobile, 53 % des visites sont abandonnées.

Un visiteur ne voit jamais la qualité d’un site qui ne s’affiche pas. Il voit une page blanche, un logo qui tourne, puis il revient aux résultats de recherche et clique sur le suivant. La vitesse n’est pas un détail technique réservé aux développeurs. C’est la toute première impression, avant même le design.

Combien de temps un visiteur accepte-t-il d’attendre ?

Peu. Selon une étude publiée par Google en 2017, 53 % des visites sur mobile sont abandonnées quand une page met plus de 3 secondes à se charger (Google, The Need for Mobile Speed, 2017). Plus d’un visiteur sur deux part donc avant d’avoir vu quoi que ce soit.

La même recherche de Google montre que la probabilité qu’un visiteur mobile reparte aussitôt augmente de 123 % quand le temps de chargement passe d’une à dix secondes (Think with Google, 2017). Chaque seconde de plus perd une part du public que vous avez souvent payé pour attirer : une publicité, un référencement travaillé, une publication qui a donné envie de cliquer.

Google, 2017 : de 1 à 10 secondes de chargement, la probabilité qu’un visiteur mobile reparte aussitôt augmente de 123 %.

Un dixième de seconde change-t-il vraiment quelque chose ?

Oui, et c’est mesuré. En 2020, le cabinet Deloitte a suivi pendant quatre semaines les sites mobiles de 37 grandes marques européennes et américaines, sur plus de 30 millions de sessions. Pour les sites de vente, gagner 0,1 seconde de chargement s’accompagnait de 8,4 % de conversions en plus et d’un panier moyen supérieur de 9,2 % (Deloitte, Milliseconds Make Millions, 2020).

Deloitte, 2020, sites de vente : un dixième de seconde gagné sur mobile, et ces deux chiffres. Étude commandée par Google.

L’étude a été commandée par Google, qui a intérêt à un web rapide ; il faut le garder en tête. Mais l’ordre de grandeur est clair : on ne parle pas de secondes gagnées, mais de fractions de seconde, et elles se voient dans le chiffre d’affaires.

Qu’est-ce qui ralentit un site ?

Presque toujours la même chose : ce qu’on y a ajouté.

Des photos envoyées telles quelles, directement depuis un appareil photo ou un téléphone, bien plus lourdes et plus grandes que ce qu’un écran peut afficher. Des vidéos en lecture automatique en haut de page. Des outils tiers qui s’accumulent au fil des années : un module de discussion, trois outils de mesure d’audience, un bandeau de cookies, un widget Instagram. Des polices de caractères chargées en plusieurs graisses qui ne servent jamais.

Chacun de ces éléments se justifie quand on l’ajoute. Ensemble, ils font attendre le visiteur. C’est la même logique que celle du minimalisme commercial : le superflu n’encombre pas seulement l’œil, il encombre aussi le chargement.

Schéma : tout ce qu’une page charge passe avant le visiteur. Retirer ce qui ne sert pas raccourcit l’attente.

Un site simple est-il forcément rapide ?

Pas forcément, mais il part avec une longueur d’avance. Un site peut être visuellement sobre et techniquement lourd, s’il repose sur un constructeur de pages qui charge tout, partout, même ce qui ne sert pas.

La vitesse se décide en deux temps. D’abord au moment de la conception : moins d’éléments, c’est moins de choses à charger. Ensuite au moment de la fabrication : des images au bon format et à la bonne taille, du code qui ne charge que ce que la page utilise, un hébergement qui sert les pages depuis un serveur proche du visiteur. Notre propre site est construit ainsi : des pages statiques, servies par un réseau de serveurs répartis, sans base de données à interroger à chaque visite.

Comment savoir si mon site est assez rapide ?

Google propose un outil gratuit, PageSpeed Insights, qui analyse n’importe quelle page. Il donne notamment le temps d’affichage du plus grand élément visible, ce que Google appelle le Largest Contentful Paint. Google recommande qu’il reste sous 2,5 secondes pour au moins 75 % des visites, sur mobile comme sur ordinateur (web.dev, Largest Contentful Paint).

Testez toujours la version mobile en premier. C’est celle que la plupart de vos visiteurs voient, et c’est presque toujours la plus lente.

Que corriger en premier ?

  1. Les images. C’est le gain le plus rapide : les redimensionner à la taille réellement affichée et les enregistrer dans un format moderne comme le WebP ou l’AVIF.
  2. Les outils tiers. Listez tout ce que votre site charge qui ne vient pas de vous, et retirez ce que vous ne consultez jamais.
  3. Le haut de page. Ce que le visiteur voit en premier doit s’afficher en premier : pas de vidéo lourde ni de carrousel d’images à cet endroit.

Une fois ces trois points réglés, la plupart des sites gagnent déjà plusieurs dixièmes de seconde. Et on vient de voir ce que vaut un seul dixième.

Votre site met du temps à s’afficher sur téléphone ? On peut regarder ensemble ce qui le ralentit.

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